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Réglages des voiles

Créé le 6 janvier 2007 et modifié le 1 janvier 2008 par Gérard (Bulgroz FRA18)


Comment régler les voiles
Attention, ce qui suit n'est que ma vision des choses... Il s'agit de tester tout ça sur l'eau et de trouver vos propres réglages.

 1 - Les réglages d’une voile
Il y a trois paramètres à gérer :
- l’importance et la position du creux
- le vrillage de la chute
- la position de la bôme par rapport au vent

1.1 - Le creux d’une voile
Il est donné par les pinces réalisées lors de sa construction. Ce creux ne peut être changé ; il appartient à la voile. Afin que la voile prenne sa forme, vous devez placer le point d’écoute de la voile à la bonne position sur la bôme (vous réglez alors la longueur de la corde de la bordure). Pour gagner du temps, une fois trouvée la position idéale du point d’écoute, faites un repère sur la bôme. Vous devrez faire autant de repères que vous aurez de grand-voiles différentes.

Il est tout de même possible de modifier un peu l’importance et la position du creux.
Pour une grand-voile, on peut jouer sur le cintrage du mât ; cintrer le mât éloigne le guindant de la chute, donc absorbe un peu du tissu à l’avant de la voile, ce qui tend à diminuer l’importance du creux.
Ce cintrage du mât peut s’obtenir :
- en tendant le pataras ;
- en tendant les galhaubans si vous avez mis les barres de flèche du MM Classique (barres de flèche poussantes) ;

- en tendant l’étai.

Pour foc et grand-voile, on peut avancer le creux en tendant le guindant de la voile : avec le cunningham pour la grand-voile (voir rubrique …) ou avec le tendeur 3 trous fixé au point de drisse pour le foc.

1.2 - Le vrillage
Celui d’une grand-voile s’obtient :
- en utilisant le hale-bas ou le pousse-bas ;
- en utilisant le pataras.
Pour détendre la chute et accentuer le vrillage ("mettre du dévers", "faire déverser la grand-voile", la faire "dégueuler"), on peut faire remonter la bôme (avec le hale-bas ou le pousse-bas) ou tendre le pataras ; pour la tendre, et donc diminuer le vrillage, on peut abaisser la bôme ou relâcher du pataras.

Le vrillage d’un foc s’obtient :
- en utilisant l’étai ;
- en utilisant la balancine.
Tendre l’étai tend la chute et diminue le vrillage.
Tendre la balancine détend la chute et accentue le vrillage.

1.3 – La position de la bôme
La position des bômes est réglée par la tension des écoutes. Ecoutes embraquées = voiles bordées ; écoutes relâchées = voiles choquées.

1.4 - Quelques interférences entre ces différents réglages :
Agir sur les galhaubans (les tendre) :
- tend l’étai ;
- cintre le mât si on dispose de barres de flèche poussantes (sauf si les bas-haubans sont bien tendus).

Agir sur le pataras (le tendre) :
- cintre le mât ;
- ouvre la chute de la grand-voile et donc accentue son vrillage ;
- tend l’étai, la chute du foc et donc diminue son vrillage (sauf si vous avez une balancine) .

Embraquer les écoutes :
- borde les voiles ;
- abaisse les bômes donc tend les chutes (surtout sensible pour a grand-voile si vous avez un hale-bas textile, comme sur le MM Classique (voir rubrique …).

A vous de trouver d’autres interférences…

2 – Quels réglages adopter ?

Le réglage des voiles doit tenir compte :
- de la force du vent ;
- de l’allure du voilier ;
- de l’état de la surface du plan d’eau. 

Foc et grand-voile travaillent ensemble, mais c’est le foc qui est important pour la propulsion du voilier. Il faudra donc toujours régler la grand-voile pour qu’elle s’adapte au foc et non faire l’inverse.

2.1- Le réglage de la grand-voile
21.1 - Cas d’un voilier au près
211.1 – Par petit temps
La bôme doit être assez centrée (pas dans l’axe tout de même).
En l’absence de clapot, la grand-voile ne doit pas avoir trop de creux. En effet, une voile au creux modéré aura une attaque plus fine et permettra de mieux remonter au vent.
S’il y a du clapot, la voile devra être plus creuse pour gagner en puissance et passer le clapot. En revanche, le près sera moins serré.
Dans tous les cas, la partie la plus creuse de la grand-voile sera assez reculée, proche du milieu. 

Pour obtenir cela, il faut :
- ne pas trop étarquer le cunningham ; le guindant de la grand-voile doit être juste tendu, voire très légèrement détendu
- la bordure doit être un peu détendue en avançant très légèrement le point d’écoute par rapport à la position de base
- par tout petit temps, le pataras est tendu afin de diminuer un peu l’importance du creux de la grand-voile
- s’il y a un petit peu plus de vent, on relâchera du pataras afin de remettre le mât vertical et récupérer du creux dans la grand-voile
- le hale-bas sera réglé afin que le vrillage de la grand-voile reste assez faible 

211.2 – Par vent un peu plus soutenu
Le maximum de creux doit être ramené légèrement sur l’avant.(vers 40 / 45%).
Au fur et à mesure que le vent va forcir, le MM va avoir tendance à devenir ardent. Pour supprimer cela, il faut détendre un peu la chute et obtenir un vrillage de la grand-voile un peu plus marqué.
Pour cela :
- on étarque un peu le cunningham ;
- on replace le point d’écoute à sa position de base ;
- on relâche éventuellement un peu de hale-bas. 

211.3 – Si le vent devient plus fort (de médium à gros temps)
Dans cette situation, on va utilisez des voiles de surface réduite.
Le maximum de creux de ces voiles va être avancé à 35/’40% ; pour cela le cunningham va être bien étarqué.
A l’aide du hale-bas, le vrillage sera accentué. 

21.2 - Cas d’un voilier au portant
Au petit largue, le guindant et la bordure doivent être détendus afin d’augmenter le creux de la grand-voile.
Il faut tendre un peu la chute afin de l’empêcher de trop déverser.
Au grand largue, il faut accentuer les réglages précédents ; la grand-voile doit avoir son creux maximum.
Au vent arrière, la grand-voile ne doit pratiquement plus être vrillée. 

Remarque :
Des réglages automatiques pour la grand-voile : voir rubrique « Le coin technique / Améliorations possibles / Gréement »
 

2.2 – Le réglage du foc
Le foc du MM est sans recouvrement ; sa bordure s’arrête avant le mât.
Globalement, le foc peut être assez creux, et ce creux doit être plus avancé (vers 35%) et moins prononcé dans le bas que dans le haut (creux jusqu’à 50%). 

Au près :
Dans tous les cas, l’étai sera bien tendu afin d’avoir un bord d’attaque rectiligne (Attention, la tension de l’étai n’est pas la tension du guindant).

Au près, par petit temps, lorsque la surface du plan d’eau est plate, il faut chercher à faire du cap. On diminuera alors un peu le creux. Pour cela, on reculera légèrement le point d’écoute sur la bôme. On pourra régler la tension de la chute avec la balancine afin que le vrillage ne soit pas très prononcé. Vu de l’arrière du bateau, la chute du foc doit avoir le même arrondi que la grand-voile.
La bôme de foc doit être légèrement plus ouverte que celle de la grand-voile.
Dans le clapot, on aura besoin de plus de puissance et on fera moins de cap. Il fa falloir augmenter le creux du foc en avançant le point d’écoute sur la bôme. La chute pourra être un peu plus ouverte (en reprenant de la balancine) si le voilier est très agité par le clapot (le haut de la voile ne peut plus travailler correctement). Il faudra alors favoriser la partie basse du foc. 

Au portant, nous n’avons aucun moyen de modifier le creux du foc.
Au plein vent arrière, penser à mettre les voiles en ciseau. Par tout petit temps, cette manœuvre pourra être facilitée si on a équipée la bôme de foc d’un contrepoids.

Sur le site MM allemand, il y a cette excellente page :
http://www.mm-sailing.de/mm-hp/daten/t5-segeltrimm.pdf
Les photos parlent d'elles mêmes.