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Naviguer par vent fort

Créé le 17 mai 2007 et modifié le 1 janvier 2008 par Gérard (Bulgroz FRA18)


Lorsque le vent forcit, la poussée sur les voiles augmente et votre voilier doit pouvoir aller plus vite. Ce sera le cas si vous prenez quelques précautions…
Toute augmentation de la force du vent va se traduire :
- au près, par une augmentation de la gîte du voilier ;
- au portant, et surtout au vent arrière, par une tendance de l’étrave à s’enfoncer dans l’eau (à enfourner).

Au près
A cette allure, un voilier navigue toujours avec une certaine gîte. Généralement, la forme de la carène est optimisée pour naviguer à plat ou avec une légère gîte (environ jusqu’à 30°). Dans ces conditions :
- les lignes d’eau (lignes que suit l’eau le long de la carène) sont très peu déformées et le voilier est bien équilibré (si ses voiles sont bien réglées, pas besoin de corriger sa direction par des mouvements du safran) ;
- le plan anti-dérive (la quille) joue bien son rôle car il ne fait pas un angle trop prononcé avec le sens de déplacement du voilier (ce dernier peut alors effectuer un bon près).

Si la gîte devient trop importante :
- les lignes d’eau sont plus déformées et la carène n’est plus équilibrée ; le voilier a tendance à lofer (parfois brutalement / c’est l’auloffée ou départ au lof). Le ramener sur sa route suppose de fréquents mouvements de barre qui sont autant de coups de frein !
- le plan antidérive fait un angle trop prononcé avec le sens de déplacement du voilier et est très incliné par rapport à la verticale : le voilier dérape sous le vent
- les virements de bord peuvent alors devenir impossibles.

Parfois, il n'est même plus question de naviguer...


Dans ce cas, il faut espérer qu'il n'y ait pas trop d'eau qui pénètre dans le bateau... sorties d'écoutes, roof mal ajusté...

Autrement dit : trop de gîte = mauvais près.
Le maximum acceptable semble être 45° environ :


Le remède
pour diminuer la gîte : changer de voilure.
- il faut surtout abaisser le centre de poussée du vent sur votre voilure (cela revient à diminuer la longueur du bras de levier).
- il faut diminuer la surface des voiles.
Dessiner un jeu de gros temps revient à trouver un compromis entre ces deux paramètres… Vous y arriverez en tâtonnant. 

Et parfois, même avec un tout petit gréement, ça gîte beaucoup !

Au portant
A ces allures, la gîte sera moins prononcée. Au travers et au grand largue, le voilier supportera sans trop de problème sa surface de voile. Attention cependant qu’une rafale un peu plus forte ne fasse pas gîter votre voilier au point que l’extrémité de la bôme de grand-voile touche l’eau. Cela aura pour conséquence de border la grand-voile, d’accentuer la gîte et de faire lofer votre voilier.

Au vent arrière, la poussée du vent est dans le sens du déplacement. Le voilier ne gîte pas mais a tendance à piquer du nez. Si le pont s’engage dans l’eau, c’est tout le voilier qui plonge alors : il enfourne (et ça fait désordre !).
Ceci...


... est préférable à cela :

Pour éviter d'enfourner, on peut très bien éviter le plein vent arrière et se contenter de deux bords de grand largue.
Si on est vent arrière, on peut éventuellement border un peu les voiles afin d’offrir moins de surface au vent…

Mais l’idéal est d’avoir un gréement adapté avec un centre de poussée assez bas.
Il faut aussi reculer au maximum votre pack d’accus (vous pouvez même utiliser un pack plus lourd, spécial gros temps).

D’autres possibilités de réglage pour adapter votre voilier aux vents forts :
- aplatir les voiles (si c’est vous qui les réalisez, donnez-leur moins de creux) ; sinon pour limiter le creux de vos voiles, tendez leurs bordures, tendez au maximum l’étai et le guindant du foc, cintrez le mât si vous avez une grand-voile à creux, accentuer leur vrillage (en relâchant du hale-bas pour la grand-voile et en reprenant de la balancine pour le foc).
- ayez un voilier un peu ardent afin de faciliter vos virements de bord. N’essayez pas de virer quand le voilier est couché sur l’eau ; ça ne marche pas ! Profitez d’un court instant où le voilier se redresse un peu pour tenter un virement de bord. Allez-y franchement mais pas brutalement…
- ne cherchez pas à faire un près trop serré ; privilégiez la vitesse au cap. Au portant, évitez le plein vent arrière si ça souffle très fort et si la taille de votre gréement est limite...

J'attends vos suggestions pour améliorer cette rubrique...


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